Citoyen Vigilant
PARIS (Reuters) - L'ancienne juge d'instruction Eva Joly critique violemment les projets de Nicolas Sarkozy de "dépénaliser" la vie économique et d'interdire dans ce domaine l'ouverture d'enquêtes pénales sur le fondement de lettres anonymes.
"Il me semble que les valeurs que dessine le président Sarkozy ne sont pas celles de la France que j'aime. Les méthodes qu'il suggère sont celles de M. Berlusconi. Pour moi, c'est un extraordinaire et étrange choix que de choisir de soutenir les délinquants contre les victimes", a-t-elle dit dans un entretien diffusé mardi sur France Info.
La magistrate, qui a quitté Paris en 2002 pour devenir conseillère du gouvernement norvégien, fait un parallèle entre le projet du chef de l'Etat concernant les entreprises et son idée de permettre des procès pour les criminels déclarés irresponsables.
"Je ne comprends pas un pays qui responsabilise ses enfants et ses fous et irresponsabilise ses élites et cela me paraît une grave erreur et surtout une absence de compréhension de ce que veut dire la criminalité organisée et économique", a-t-elle dit.
Dans un discours vendredi devant l'université d'été du syndicat patronal Medef, le président de la République a annoncé son intention de faire interdire l'ouverture d'enquêtes pénales sur le fondement de lettres anonymes et son souhait de "dépénaliser" la vie économique.
Les chefs d'entreprise réclament depuis longtemps une réforme du délit "d'abus de biens sociaux" (le détournement de fonds au sein des sociétés).
"Dire que ce n'est pas grave de présenter des comptes inexacts ou de ne pas respecter la différence entre sa propre poche et la poche de l'entreprise, c'est grave. Le droit pénal, il ne faut pas l'oublier, protège les victimes", a dit l'ancienne magistrate.
Quant à l'interdiction pour les juges d'utiliser les lettres anonymes, elle la qualifie de "grave erreur", en rappelant que l'Onu et l'OCDE demandent à leurs membres de légiférer pour protéger les témoignages anonymes.
Eva Joly a notamment instruit l'affaire visant la société pétrolière Elf, utilisant parfois des lettres anonymes lorsqu'elles était confirmées par d'autres éléments. Le dossier s'est soldé par de lourdes peines de prison pour les dirigeants de cette société, reconnus coupables de détournements de fonds évalués à plusieurs centaines de millions d'euros.
C'est un sérieux couac diplomatique entre Paris et Madrid. François Fillon et Rodriguez Zapatero, le Premier ministre espagnol, se contredisent sur la question de la régularisation des sans-papiers en Espagne. Le chef du gouvernement français affirmait dimanche soir sur TF1 que son homologue espagnol lui avait confié, en juillet, qu'il regrettait la régularisation de 690 000 sans-papiers à laquelle son gouvernement avait procédé en 2005, et s'était engagé "à ne plus le refaire".
Le démenti ne s'est pas fait attendre: contrairement à ce qu'affirme François Fillon, Zapatero ne "regrette" pas "amèrement" ce choix de régularisation. Le premier ministre espagnol a affirmé mardi à la presse qu'il ne regrettait en aucune façon cette décision, qui était "nécessaire, commode et positive". Il a expliqué que son gouvernement et lui même considèrent que "personne ne peut travailler dans l'illégalité". Il a rajouté qu'il "ne permettrait pas" que 700 000 personnes travaillent sans-papiers.
Son ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a ajouté pour sa part que cette politique avait été "un succès", et qu'elle est aujourd'hui "un modèle pour de nombreux pays".
Zapatero a voulu couper court à la polémique naissante en Espagne en précisant que "le gouvernement français émettra une note pour éclaircir ce qui a pu être une mauvaise interprétation".
L'entourage de François Fillon a affirmé à l'agence de presse espagnole EFE que le Premier ministre avait compris que son homologue espagnol "n'avait pas eu d'autre choix" que celui de régulariser les immigrés.
Tout au long de la campagne électorale, Nicolas Sarkozy et l'UMP avaient utilisé le spectre de la régularisation, à l'espagnole ou à l'italienne, pour défendre leur politique de durcissement de l'immigration en France.
Un tel "aveu" de Zapatero aurait été du pain béni pour le gouvernement français, alors que le Parlement s'apprête à voter, en septembre, une nouvelle loi sur l'immigration, serrant un peu plus la vis à l'entrée en France.
Sur TF1 dimanche, François Fillon a défendu la politique d'expulsions que promeut son gouvernement en affirmant que celle-ci était "la seule solution" possible pour la France comme pour les autres pays européens".
Les regrets de Zapatero étaient la cerise sur le gâteau de la démonstration, mais le Premier ministre a visiblement été trop gourmand.
Il y a longtemps que je sais pourquoi je n’aime pas les gens de droite, les vrais (pas forcément des tas de braves gens qui votent à droite, parce qu’ils croient que c’est mieux pour eux — petits bourgeois — ou pour la France — petits patriotes ; non, la vraie droite, bien idéologique, bien friquée, celle des cuillers d’argent dans la bouche et des culottes de soie où l’on pète, et qui se la pètent, celle des Neuilly-Auteuil-Passy et équivalences provinciales) : c’est à cause de leur terrible ignorance de ce qu’est la pauvreté, la gêne, la misère de tant de nos concitoyens. Ce n’est rien de dire qu’ils vivent dans un autre monde. Tenez, Roseline Bachelot par exemple : la grosse fille aux robes criardes qui fait office de ministre de la Santé et du Sport réunis, à l’air plutôt bonasse. En toute innocence, elle déclare (à propos de la franchise médicale, qu’on va imposer à tous au prétexte de lutter contre la maladie d’Alzheimer, entre autres) : « « Quelle est la personne qui ne peut pas payer quatre euros par mois pour des objectifs aussi importants ? » » (Je lis ça dans Libé du week-end, qui cite une interview donnée par la ministre au journal Sud-Ouest. J’en déduis qu’elle doit être en vacances au bord de l’Atlantique, ou dans quelque château périgourdin, qu’en répondant au confrère, elle sortait peut-être de quelque restaurant étoilé, ou d’un casino huppé où elle avait laissé quelques centaines d’euros sur le tapis vert comme qui rigole, va savoir …). En effet, qu’est-ce donc que quatre euros ma bonne dame ? Eh bien, beaucoup d’argent pour pas mal de gens fauchés, de ceux qui calculent chaque dépense pour arriver à boucler les fins de mois, ces familles — par exemple — qui laissent partir leur gosse à l’école le ventre vide et comptent sur la cantine pour qu’il ne crève pas de faim. Misérabilisme ? Allons donc ! Si vraiment vous n’en connaissez pas, de ces gens-là, M’âme Bachelot, demandez donc à votre collègue du gouvernement , ce M. Hirsch qui présidait naguère Emmaüs, il doit bien avoir gardé quelques adresses.
A part ça : le président bling-bling est rentré de vacances. On s’est à peine aperçu qu’il était parti. Le Monde fait le compte de ses communiqués (seize) et de ses déclarations improvisées à la presse (six) en deux semaines de relâche. Plus l’aller-retour pour enterrer le cardinal et le pique-nique pour baiser la babouche à Bush, ah, on n’a pas élu un feignant !