Les franchises santé du gouvernement : aussi pénalisantes qu’inefficaces
La manoeuvre de M. Sarkozy et de Mme Bachelot concernant l’instauration des franchises sur les soins des Français est une véritable escroquerie intellectuelle et sociale. Ces franchises seront de 50 euros par an et par assuré. Ces mesures se placent dans la continuité de celles prises par les gouvernements Raffarin et Villepin qui avaient déjà diminué les remboursements des consultations médicales et relevé le forfait hospitalier.
D’abord le choix de la période. En annonçant ces mesures fin juillet, début août, sans doute espèrent ils que la léthargie estivale et les vacances en cours éviteront les réactions. Une stratégie pour faire avaler la pilule.
Ensuite elle intervient au moment où le gouvernement vient de faire voter 13 milliards de cadeaux fiscaux pour une poignée de privilégiés.
Enfin ils avancent des arguments faisant appel aux inquiétudes et à la compassion. Excusez du peu, ces efforts demandés à tous permettraient de financer : le plan national pour le maladie d’Alzheimer, le plan cancer et la mise en place de lit de soins palliatifs qui manquent si cruellement. Et le président de déclamer : “quel Français n’accepterait il pas de donner deux euros pour ces grandes causes ?”. Se prendrait il pour l’animateur du Téléthon ?
Financer ainsi les besoins sanitaires relatifs à ces maladies en augmentation permanente ce n’est pas crédible. Des moyens dignes de ce nom seront nécessaires et ce n’est pas en faisant des cadeaux fiscaux aux plus aisés et en instaurant des franchises sur les soins que la France fera face solidairement aux conséquences de ces fléaux sanitaires.
Ce ne sont pas les bonnes solutions. Etablir une véritable politique de prévention, lutter contre la pollution, investir dans la recherche, lutter contre des gaspillages inacceptables tout cela engage des dépenses en face desquelles il faut bien mettre des recettes.
Mais surtout qu’on ne se moque pas des Français, qu’on leur dise la vérité. Les franchises pénaliseront les malades. Elles toucheront les familles les plus modestes même si N. Sarkozy affirme qu’elles seront exonérées sans toutefois préciser le seuil. Ces mesures sont aussi pénalisantes qu’inefficaces.