Pourquoi il faut haîr la droite
Il y a longtemps que je sais pourquoi je n’aime pas les gens de droite, les vrais (pas forcément des tas de braves gens qui votent à droite, parce qu’ils croient que c’est mieux pour eux — petits bourgeois — ou pour la France — petits patriotes ; non, la vraie droite, bien idéologique, bien friquée, celle des cuillers d’argent dans la bouche et des culottes de soie où l’on pète, et qui se la pètent, celle des Neuilly-Auteuil-Passy et équivalences provinciales) : c’est à cause de leur terrible ignorance de ce qu’est la pauvreté, la gêne, la misère de tant de nos concitoyens. Ce n’est rien de dire qu’ils vivent dans un autre monde. Tenez, Roseline Bachelot par exemple : la grosse fille aux robes criardes qui fait office de ministre de la Santé et du Sport réunis, à l’air plutôt bonasse. En toute innocence, elle déclare (à propos de la franchise médicale, qu’on va imposer à tous au prétexte de lutter contre la maladie d’Alzheimer, entre autres) : « « Quelle est la personne qui ne peut pas payer quatre euros par mois pour des objectifs aussi importants ? » » (Je lis ça dans Libé du week-end, qui cite une interview donnée par la ministre au journal Sud-Ouest. J’en déduis qu’elle doit être en vacances au bord de l’Atlantique, ou dans quelque château périgourdin, qu’en répondant au confrère, elle sortait peut-être de quelque restaurant étoilé, ou d’un casino huppé où elle avait laissé quelques centaines d’euros sur le tapis vert comme qui rigole, va savoir …). En effet, qu’est-ce donc que quatre euros ma bonne dame ? Eh bien, beaucoup d’argent pour pas mal de gens fauchés, de ceux qui calculent chaque dépense pour arriver à boucler les fins de mois, ces familles — par exemple — qui laissent partir leur gosse à l’école le ventre vide et comptent sur la cantine pour qu’il ne crève pas de faim. Misérabilisme ? Allons donc ! Si vraiment vous n’en connaissez pas, de ces gens-là, M’âme Bachelot, demandez donc à votre collègue du gouvernement , ce M. Hirsch qui présidait naguère Emmaüs, il doit bien avoir gardé quelques adresses.
A part ça : le président bling-bling est rentré de vacances. On s’est à peine aperçu qu’il était parti. Le Monde fait le compte de ses communiqués (seize) et de ses déclarations improvisées à la presse (six) en deux semaines de relâche. Plus l’aller-retour pour enterrer le cardinal et le pique-nique pour baiser la babouche à Bush, ah, on n’a pas élu un feignant !